Un taxi, un de plus. Moyen de transport
le plus pratique de Beyrouth en l'absence de permis de conduire
(puisque faire du vélo s'apparente à du suicide à cours terme),
c'est aussi l'un des endroits où j'ai fais mes plus belles
rencontres. Et certaines des plus étranges aussi.
mercredi 11 juin 2014
Week end de Pâques et petites précisions sur le "Parti de Dieu" (avril 2014)
Un autre mois sans attentats majeurs.
Les combats entre pro et anti- Assad à Tripoli, deuxième ville
Libanaise derrière Beyrouth, ont pris fin après une ultime
intervention de l'armée. L'élection présidentielle approche, et
avec elle la crainte de nouveaux troubles, mais pour l'instant le
pays est à peu près calme. Malgré les réfugiés, malgré la
Syrie, Israël et les autres puissances régionales, le Liban tient
debout. Il vacille et stagne piteusement, mais il est debout.
jeudi 5 juin 2014
Accalmie et graffiti (mars 2014)
Le mois de mars passe a une vitesse
effrayante. Très peu d'attentats, aucun dans Beyrouth. L'arrivée
des beaux jours et une relative accalmie sécuritaire pousse les gens
à sortir, les concerts et les événements culturels en plein air se
multiplient. A l'entrée des centres commerciaux, les jeunes et les
moins jeunes déposent machinalement leurs sacs et le contenu de
leurs poches sur les tapis roulants situés a côté des portiques de
sécurité, afin qu'ils soient scannés. La rapide palpation qui suit
ne leur fait plus rien, et à moi non plus. Les checkpoints, les
contrôles des services de renseignements lorsqu'on s'attarde plus de
quelques secondes près d'un bâtiment sensible, les véhicules
blindés qui s'installent ici ou là le temps de quelques semaines,
tout ça est devenu normal. Ca ne plaît pas aux libanais, qui pour
beaucoup ne supportent pas de devoir se plier à toutes ces
contraintes et désespèrent de nous voir nous y accoutumer sans trop
broncher.
Les réfugiés d'Al Kaa (février 2014)
Et si on commençait par autre chose
que des dates d'attentats pour changer. Non pas que le mois de février
en eut été exempt, mais réduire le rythme du Liban aux secousses
des kilos d'explosifs me fatigue de plus en plus. Les semaines de
chaos total, l'enfer sur terre tel qu'il était annoncé n'ont pas eu
lieu, procès Hariri ou pas. Guerre civile syrienne ou pas. Un jeune
décérébré s'est bien fait exploser dans un bus qui se dirigeait
vers Dahye (banlieue sud de Beyrouth), mais les médias ont eu beaux montrer des gros plans de
sa tête tranchée, rien n'y a fait. Sans autre choix, la vie
continue.
"Résistance culturelle" (janvier 2014)
Jeudi
2 janvier: en début d'après midi, trente à quarante kilos
d'explosifs dissimulés dans les portières d'une voiture font six
morts et plus de soixante blessés au cœur de Dahye, dans la
banlieue sud de Beyrouth. L'attentat est revendiqué par l'Etat
Islamique en Irak et au Levant, un groupe sunnite proche d'Al Qaïda
dont on entend beaucoup parler depuis le début de l'insurrection en
Syrie. Comme l'été dernier, comme en novembre, le Hezbollah est
touché au beau milieu de ses quartiers, pourtant surveillés jours
et nuits par des centaines de militants épaulés par l'armée et la
police. Pour beaucoup de Libanais, l'année commence comme la
précédente s'était terminée, dans le sang, les ruines et la
fumée.
Attentats et pères noëls (décembre 2013)
Mardi
10 décembre. Hassan Hawlo al-Lakiss,
un
cadre du Hezbollah, est assassiné près de chez lui dans la banlieue
sud. Malgré des revendications d'obscures groupes sunnites, Israël
est dans le collimateur puisque le modus operandi est d'une
perfection morbide : deux balles dans le cœur, une dans la
tête, au silencieux. Aucun suspect arrêté.
Beyrouth meurtrie (novembre 2013)
| Le canal de Beyrouth, devant le quartier arménien de Bourj Hammoud |
Deux véhicules, une voiture et une
moto. Plusieurs dizaines de kilos d'explosifs ont tout ravagé sur
des dizaines de mètres carrés. L'ambassade d'Iran était la cible,
son conseiller culturel fait partie de la vingtaine de victimes. Près
de 150 personnes ont été blessées. On ne pense pas souvent aux
blessés, les morts vendent plus. Les films nous ont appris qu'un
blessé ayant survécu à une explosion fait un saut au ralentis face
caméra puis se relève en époussetant ses fringues, une ou deux
jolies coupures lui barrant le front ou la joue. On ne se soucie pas
de ceux qui seront aveugles pour le reste de leur vie. Brûlés au
troisième degré sur tout le corps. Sourds. Déficients mentaux. Les
images de télévision que l'on dévore ne montrent pas les vies
détruites, les chocs post-traumatiques, la folie. La haine.
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