Octobre se meurt
doucement. Beyrouth claudique comme d’habitude dans la fumée et le bordel
ambiant. Les étudiants, les hommes et femmes d’affaires, les expatriés et les
gamins syriens gambadent entre les Cherokee flambants neuves et les tas
d’ordures grouillants de vermine, nouveaux monuments dans une ville qui n’en
demandait pas tant. Les manifestations se succèdent, les infiltrateurs
décérébrés s’y donnent à cœur joie, le gouvernement lance de vagues accusations
pour se dédouaner de son bilan fantôme… Et l’hiver arrive.
jeudi 29 octobre 2015
vendredi 13 février 2015
Pourquoi je t'aime?
Ca fait un
petit bout de temps que je te côtoie maintenant. Je ne prétends pas te
connaître sur le bout des doigts, on m’a prévenu qu’essayer d’y parvenir était
absurde, alors je me contente de te lire, de te regarder, de t’analyser avec
mes maigres connaissances, pour essayer de me faire une idée. Une idée qui me
permettra de répondre à cette question qu’on pose sans cesse aux étrangers ici.
Pourquoi je t’aime?
vendredi 30 janvier 2015
Charlie vu du Liban
La France, semble-t-il, est en pleine overdose de Charlie. Tout le monde doit prendre parti, s’indigner (c’est à la mode), faire valoir son avis. Vu du Liban, les opinions divergent aussi, et les réactions vont d’un extrême à l’autre, avec ce sens de la démesure qui caractérise parfois ce petit pays aux plaies toujours béantes qui n’en finit plus de collectionner les cicatrices.
vendredi 9 janvier 2015
jeudi 8 janvier 2015
Vengeance (2014)
Nouvelle écrite à partir du thème "un objet envoyé par une puissance mystérieuse", donné par mon ami Thierry
La pluie s'abattait sans relâche sur le
goudron usé de la vieille route du port de Sébastopol. Les rares lampadaires
qui marchaient encore jetaient une lumière froide sur les briques des entrepôts
abandonnés. Pas une âme en vue, excepté les chiens squelettiques qui
traversaient de temps en temps la route en claudiquant, la tête basse. Là, niché
entre deux immeubles couverts de graffitis, un bar aux fenêtres opaques dont
émanaient les grondements sourds caractéristiques des musiques électroniques du
début de ce siècle. La soirée commençait à peine, et l'endroit débordait déjà
de jeunes éméchés, pour la plupart des rejetons de dockers et de marins dont la
vie n'était faite que de réveils douloureux et de descentes morbides, seules
alternatives à l'ennui qui dominait la ville. Comme chaque soir, les drogues de
synthèse bas de gammes changeaient de main à un rythme soutenu sans qu'on s'en
offusque plus que cela. Il régnait à l'intérieur une agitation inhabituelle,
des cris couvrant même parfois les basses grasses et saturées.
Nous sommes tous Charlie / Le savoir est une arme
Treize. Treize
sans compter les blessés, les vies brisées, les traumatisés… Et les coupables
courent toujours. D’autres ont apparu, et apparaîtront encore. Depuis hier, je
suis haineux par intermittence, et lucide le reste du temps. Surtout parce que
depuis Beyrouth, voir la France unie de cette manière, ça calme. C’est beau. Mais
ce sont les jours et les semaines à venir qui, je crois, seront déterminantes. « Nous
sommes tous Charlie Hebdo ». Tu m’étonnes. Plus que jamais. Et plus que
jamais, le savoir est une arme. La compassion aussi. L’unité surtout, face à
des événements d’une telle violence, qui pourraient aisément morceler bon
nombre de pays. Et le nôtre l’est déjà tellement. Le gouvernement ne pourra pas
régler la situation, qu’il le veuille ou non. Les médias, même ceux dont les
intentions sont louables, cherchent déjà à gagner le marathon de l’image choc.
Les derniers philosophes sont morts.
lundi 5 janvier 2015
Graffiti libanais
A mon arrivée au Liban, j'avais la ferme intention de découvrir le monde du graffiti local, ayant moi même taggé (maladroitement) Paris pendant un bon tiers de ma vie. Au bout de quelques mois j'ai eu la chance de faire la connaissance -par le billet des rédactions pour lesquelles j'écrivais- d'une majorité des acteurs de l'art de rue local, qui se sont révélés être d'une remarquable humilité, et ont finis par me convaincre de me joindre à eux. Un an plus tard, mon apprentissage n'en est qu'à ses débuts, mais les murs de la ville se couvrent de peintures, et l'année 2015 s'annonce comme la plus productive de la jeune histoire du graffiti libanais. Phat 2, EpS, Barok, Kabrit, Wyte, Moe, Exist, Spaz et d'autres sont partis pour changer le visage de Beyrouth, et j'ai bien l'intention de participer.
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